Approche clinique de l’immunothérapie

Rappel historique de la recherche en immuno-oncologie

Fin XIXème siècle Naissance de l’approche thérapeutique visant à faire en sorte que le système immunitaire du patient combatte sa propre maladie : pour la première fois, in utilise des produits dérivés des bactéries pour traiter des tumeurs.
Années 20 La capacité du BCG (vaccin contre la tuberculose) à stimuler la réponse immunitaire est démontrée. C’est ce même BCG qui est aujourd’hui utilisé dans le traitement de certaines tumeurs de la vessie *
Années 50 L’hypothèse est émise que les cellules cancéreuses sont immunologiquement différentes des cellules normales
Années 70 Une découverte fondamentale dans la compréhension du déclenchement d’une réponse immunitaire à une menace contre l’organisme : les cellules dentritiques et leur fonction de sentinelle naturelle. Ces cellules, des types de globules blancs présents dans tous les tissus, circulent dans l’organisme à la recherche d’un danger potentiel et poussent les lymphocytes T à les détruire.
Années 90 Démonstration est faite de l’existence d’antigènes tumoraux. Ces molécules, positionnées à la surface des cellules tumorales sur une protéine, les distinguent des cellules saines. Ce sont celles que l’on cible aujourd’hui avec l’immunothérapie.
Aujourd’hui Après que les inhibiteurs de checkpoint (anti-CTLA4, anti PD et PDL1) ont fait leur preuve, de nombreux traitements sont en cours de développement pour atteindre une efficacité maximale, en particulier le couplage de plusieurs immunothérapies.

*Le BCG limite fortement les risques de récidive après retrait chirurgical de la tumeur : c’est le constat qui, bien que mal compris, a été fait chez des patients atteints d’un cancer superficiel de la vessie.
Le traitement est d’autant plus efficace que le patient a été préalablement immunisé contre la tuberculose.

 

Interaction du système immunitaire avec le cancer

Une cellule saine présente à sa surface des antigènes reconnus comme appartenant à l’organisme par les lymphocytes effecteurs, stimulateurs de la réponse auto-immune : ce sont les antigènes du soi.
Lorsqu’une cellule est cancéreuse, certains des antigènes qu’elle présente proviennent de molécules mutées : ce sont des antigènes du non-soi. Ils sont reconnus comme étrangers et les lymphocytes effecteurs sont activés pour éliminer les cellules cancéreuses.

Les cellules cancéreuses utilisent toutefois des stratégies de contournement pour échapper à la surveillance du système immunitaire et se développer :

  • Elles peuvent ne pas exprimer leurs antigènes tumoraux : le système immunitaire ne peut alors pas les repérer et les lymphocytes effecteurs ne peuvent pas les éliminer.
  • Elles peuvent également agir sur leur environnement et empêcher qu’il soit infiltré par les lymphocytes effecteurs. En revanche, elles « recrutent » des lymphocytes régulateurs qui favorisent la tolérance immunologique et inhibent ainsi la réponse immunitaire anti-tumorale.

 

Efficacité des immunothérapies

Cinq critères identifiés valident l’efficacité de la réponse immunitaire avec les immunothérapies.

Ciblées contre des anticorps tumoraux spécifiques, les immunothérapies peuvent induire des réponses anti-tumorales rapides, prolongées et augmenter la survie des patients ; elles sont également adaptables aux évolutions de la tumeur et à ses mutations. Enfin, l’interaction entre le système immunitaire et le cancer relève d’un processus complexe dont le caractère intrinsèque d’auto-propagation conduit à une accumulation de facteurs susceptibles de répondre à l’immunothérapie.

L’observation des patients traités par immunothérapie a également mis en évidence que la tumeur peut augmenter de façon transitoire sous traitement, sans que cela signifie l’échec du traitement. Lorsque la tumeur régresse ultérieurement, on parle alors de pseudo-progression.

 

Un vaste champ de recherche

Mieux comprendre la réponse immunologique aux tumeurs demeure une priorité pour mettre au point les traitements les plus performants.

La recherche s’intéresse à plusieurs axes de développement, parmi lesquels :

  • une autre techniques innovante qui consiste à utiliser les cellules immunitaires d’un patient, à les modifier génétiquement pour les « armer » davantage avant de les réinjecter : ces nouvelles cellules « super-puissantes » sont appelées CAR T (cellules T porteuses d’un récepteur antigénique chimérique). Cette thérapie a déjà donné des résultats encourageants dans la leucémie.

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

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