Cancer et précarité (1/3) – La précarité après la maladie, le double effet « kiss cool »

Cancer et précarité (1/3) – La précarité après la maladie, le double effet « kiss cool »

Pour de nombreux malades, cancer ira avec appauvrissement. La maladie s’accompagne souvent de baisses de revenus conséquentes en même temps que de frais additionnels liés à des préoccupations du quotidien. Un autre combat commence pour continuer à vivre décemment, quand bien même la maladie est prise en charge à 100 %, sur la base du tarif conventionné de la sécurité sociale.

Bien que le cancer fasse partie des pathologies bénéficiant de l’ALD (Affection Longue Durée), avec une prise en charge totale, hors dépassement d’honoraires, un grand nombre des patients, en activité lorsqu’ils sont diagnostiqués, subissent une perte significative de revenus due aux arrêts de travail répétés et basculent inéluctablement vers la précarité.
Tous les actifs, employés ou cadres (quel que soit le niveau de protection prévu par leur entreprise), et a fortiori les travailleurs indépendants et les demandeurs d’emploi, sont susceptibles d’y être confrontés.
Au-delà des frais inhérents à la maladie non remboursés ou partiellement remboursés (prothèses capillaires, prothèses mammaires temporaires, franchises médicales…), ce sont les dépenses courantes qui posent problème : alimentation, électricité, gaz, loyer, aides ménagères, assistantes maternelles… Puis l’imbroglio administratif relatif à l’emploi ou aux assurances et aux retard de paiement consécutifs.

Souvent dépassées par l’ampleur, la complexité et la lourdeur des démarches, les assistantes sociales trouvent un relais proactif auprès d’associations capables de réagir avec acuité à ces situations d’urgence.

A leur demande et dans le cas de situations complexes, l’association Juris Santé, spécialisée dans l’accompagnement juridique personnalisé des patients et proches aidants, vient à l’appui de leur mission.

L’association Life is Rose intervient également dans le cadre restreint d’un programme d’assurance de prêt spécifiquement dédié aux femmes qui ont été atteintes de cancers du sein, mais accompagne surtout des personnes touchées par le cancer quand surgissent les difficultés les plus inattendues. Un combat psychologiquement déstabilisant, selon Nathalie Savariaud, présidente de Life is Rose.

Un coup de pouce temporaire et soutenable

Le premier volet sur lequel le soutien s’organise concerne le simple maintien de la stabilité dans la vie quotidienne. Nathalie Savariaud a tiré parti de sa propre expérience et de sa compétence pour se donner les moyens de rétablir l’équilibre en agissant vite, avec la mise en place de règles de fonctionnement simples et efficaces : quelques bénévoles très actifs, des commissions bihebdomadaires et ce sont quelque 200 dossiers traités par trimestre. Pas de versement d’argent : c’est l’association qui, pendant la durée nécessaire, se substitue à la personne malade et finance des charges telles que loyers, gardes d’enfants, courses alimentaires, heures de ménage…, devenues trop lourdes.

Pour aller plus loin :

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

Commentaires (1)

  1. Bonjour,
    Comme le décrit l’article, cancer rime avec précarité, le fameux double effet kiss cool.
    Je me retrouve comme tant d’autres maladies dans cette situation.
    A cela vient s’ajouter une autre difficulté. La maladie et notamment les nombreuses opérations chirurgicales qui m’ont été pratiquées m’ont rendu inapte à la continuité de la pratique de mon emploi.
    Je suis policier municipal et le médecin de la médecine du travail que je rencontre pour des consultations visant à valider ma position de longue maladie, m’a bien fait comprendre qu’il me fallait envisager un changement de situation professionnelle.
    Plusieurs « hics » se présentent à ce changement d’orientation professionnelle. Le premier est que je suis employé par une petite collectivité. Celle-ci n’a pas les moyens de créer un nouveau poste simplement pour me faire plaisir. Je vais donc être reversé au centre de gestion de la fonction publique territoriale de mon département d’emploi qui sera chargé de me proposer un nouveau poste de travail adapté. Qui sait quel emploi va m’être proposé, je n’ai jamais supporté de rester enfermer dans un bureau, et surtout où ?
    Le second « hic » est que la rémunération de mon futur emploi ne comportera pas de prime de risque propre à la profession de policier et qui s’élève à 20 % du salaire. Une perte nette d’environ 280 euro mensuel ! C’est énorme pour des salaires comme le mien (1400,00 euro net mensuel + 280 euro de prime).
    – Existe-t-il une possibilité de demander à être reconnu handicapé ? Même si je peux tout de même me déplacer, je ne peux plus rester au soleil, ne dois surtout pas être blessé aux membres inférieurs (égratignures, coups,…) sous peine de faire une grave infection. Je ne peux pas tenir trop longtemps les positions debout et assise. Mes jambes ainsi que mes chevilles enflent exagérément et je dois mettre mes jambes en position surélevée pendant plusieurs heures après m’être assis.
    – Existe-t-il des aides financières afin de pallier un tant soit peu la baisse de revenu ? Cela ne me permettra peut-être pas de retrouver un fonctionnement normal de mon compte bancaire et la capacité d’utiliser de nouveau chèques et carte bancaire, mais j’espère que cela aurait une influence pour la sortie du placement en interdiction bancaire et l’arrêt de l’inscription auprès de la banque de France.
    Merci pour l’attention que vous porterez à mon message.
    Bien cordialement.

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