Comment augmenter le nombre de patients répondeurs à l’immunothérapie ?

L’objectif poursuivi pour les patients métastatiques est de leur permettre de vivre avec un cancer « contrôlé », c’est-à-dire de faire du cancer métastatique une maladie chronique avec laquelle ils puissent retrouver une qualité de vie normale pendant des années, sous traitement.
C’est une voie exploitée et connue actuellement avec le cancer du sein dans lequel les traitements disponibles sont nombreux, par opposition aux cancers du poumon et aux mélanomes.

Pour améliorer la réponse à l’immunothérapie dans les cancers où le taux ne dépasse pas 5 à 20%, on peut procéder à des associations de traitements. Les nombreux essais en cours montrent de bons résultats, mais souvent avec des effets toxiques synergiques.

Association de deux modulateurs de l’immunité

C’est la piste principale actuellement exploitée. Testée en premier lieu dans le mélanome, l’association anti-CLA-4 (efficace) + anti-PD-1 (efficace) a montré une progression à 3 mois (au premier scanner d’évaluation) chez de nombreux patients ayant reçu l’anti CTLA-4, 30% de répondeurs sur le long terme avec l’immunomodulateur, 58% de répondeurs avec l’association des deux et une stabilisation sur le long terme de 60 à 70%.
En revanche, des toxicités sévères (dites de grade 3, nécessitant l’hospitalisation du patient) et très sévères (dites de grade 4, avec un risque vital avéré) ont été observées avec l’association anti-CTLA-4 + anti-PD-1 (55% de patients hospitalisés versus 25% avec l’anti-CTLA-4 seul et 16% avec l’anti-PD-1 seul).
Cette association est néanmoins autorisée pour certaines formes graves de mélanomes, les toxicités devant être gérées exclusivement dans des centres experts.

Le même phénomène a été démontré dans le cancer du poumon, par exemple.

De nombreux essais précoces testent l’association d’anticorps avec d’autres cellules de la réponse immunitaire, tels que les macrophages ou les NK (Natural Killers).

Association immunothérapie + chimiothérapie

Un essai a été conduit dans le cancer du poumon avancé ou métastatique chez des patients inopérables. Parmi les patients ayant reçu l’association chimiothérapie de référence + immunothérapie (pembrolizumab), on a compté 55% de répondeurs versus 30% avec la chimiothérapie de référence. Le taux de réponse a atteint 80% chez les patients PDL1+.

Association vaccin + immunothérapie

Il s’agit d’une combinaison nouvelle. Alors que l’immunothérapie stimule les immune checkpoints, l’ensemble de l’auto-immunité mais sans reconnaissance spécifique de la tumeur, le vaccin anti-tumoral a pour objectif d’éduquer le système immunitaire à principalement reconnaitre la tumeur.

Pour aller plus loin :

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

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