COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Neuf associations de patients attaquent auprès du Conseil d’État le décret gouvernemental du 10 novembre 2020 concernant les travailleurs à risque de forme grave de covid-19

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Neuf associations de patients attaquent auprès du Conseil d’État le décret gouvernemental du 10 novembre 2020 concernant les travailleurs à risque de forme grave de covid-19

Le 10 novembre dernier, paraissait un décret concernant la mise en oeuvre du chômage partiel pour les personnes vulnérables.

Neuf associations de patients attaquent auprès du Conseil d’État ce texte sur les points suivants  :

1. Le périmètre des pathologies concernées : ce décret ne respecte pas l’avis du HCSP (daté du
29 octobre) et écarte du dispositif de chômage partiel de nombreux citoyens vivant avec des
facteurs de risque de forme grave de Covid19 et de décès. Parmi les pathologies
« manquantes »*, l’insuffisance rénale de stade 3 à 5, ce stade étant associé à un sur-risque
significatif très élevé.

2. Les proches de personnes vulnérables sont exclues du dispositif de chômage partiel : ce
décret efface la protection des proches cohabitant avec les personnes vulnérables – les
exposant à un risque vital en cas de contamination dans leur foyer.

3. L’inversion de la charge de la preuve en cas de litige : l’accès au chômage partiel n’est plus la
norme mais devient l’exception. Le recours au télétravail est laissé à la discrétion de
l’employeur, ainsi que l’application des mesures de protection renforcées. Les travailleurs
estimant leur protection insuffisante, peuvent, certes, engager une démarche contre leur
employeur via la médecine du travail. La réalité est que la nature conflictuelle de cette
démarche est dissuasive pour les salariés.

4. Les mesures de protection renforcées prévues dans le décret sont insuffisantes : aucune
mention de la nécessité d’aération ou de filtration de l’air des lieux de travail pour limiter la
transmission par aérosols, distanciation recommandée à 1m alors qu’au moins 2m à 2,5m sont
nécessaires, etc.

L’objectif n’est évidemment pas d’éloigner de leurs lieux de travail les personnes vulnérables.
Beaucoup ont d’ailleurs choisi de reprendre le travail en présentiel, dès lors que les conditions de leur
sécurité sont réunies. Ce n’est malheureusement pas toujours possible.
Nous souhaitons que chaque personne vulnérable puisse vivre avec le virus, en ayant les moyens et le
droit de s’en protéger et d’en être protégée. Il faut pour cela qu’elle puisse trouver les conditions de
sécurité adaptées au risque qu’elle encourt, sans avoir à choisir entre sa santé et ses ressources.

* En plus de l’insuffisance rénale, les autres facteurs de risque sont : grossesse 1er et 2ème trimestre, âge entre 60 et 65, cancers solides de moins de 5 ans, hypertension artérielle pulmonaire, artériopathie périphérique, fibrillation auriculaire, maladie thromboembolique, polyarthrite rhumatoïde, lupus systémique, syndrome de Down, troubles démentiels, cirrhose du foie.

Les neufs associations co-requérantes sont :

Aider à Aider, destinée à aider les associations de patients en cancérologie et les malades.
AIDES est une association qui lutte avec les personnes vivant avec le VIH et les hépatites.
Cancer Contribution qui promeut la démocratie en santé en cancérologie.
ANDAR, Association Nationale de Défense contre la polyArthrite Rhumatoïde apporte information et soutien aux personnes malades et leurs proches.
Coopération Patients réunit des personnes impliquées dans la démocratie sanitaire.
France Lymphome Espoir, informe et accompagne les patients atteints de lymphome.
La Ligue contre l’obésité aide, soutient et accompagne les personnes souffrant d’obésité.
Renaloo, association agrée défend l’amélioration de la qualité des soins, de la vie et de l’accompagnement des personnes insuffisantes rénales, dialysées et greffées.
informe, accompagne et défend les droits des malades de cancer.

Contact presse Magali LEO : magali.leo@renaloo.com ou 06-51-79-46-81

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.

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