Covid 19 : accélération de l’activité pour Juris Santé

Covid 19 : accélération de l’activité pour Juris Santé

Aider à Aider continue sa série d’entretien avec des associatifs sur la façon dont ils traversent cette année 2020 et les deux confinements successifs. Interview de Dominique Thirry, juriste et fondatrice de Juris Santé.Dominique Thirry - AIder à Aider

Comment Juris Santé a réagi face à la première phase de la crise sanitaire ?

Grâce au partenariat avec le Réseau Boost, nous avons bénéficié de leurs outils et de leur plateforme téléphonique idéale pour le télétravail que nous avons décidé de conserver à la fin de leur action. D’emblée, nous avons initié une veille accrue sur toutes les nouvelles lois et ordonnances générées par cette situation inédite. Nous avons également renforcé notre présence sur les réseaux sociaux et proposé des contenus explicatifs, des dispositions exceptionnelles avec une mise à jour au fur de leur publication.

Les équipes ont-elles joué le jeu ?
Dominique Thirry : parfaitement, tous ont répondu présents : les juristes, les avocats et les coachs ; ce qui nous a permis d’avoir une réactivité immédiate. En parallèle, nous avons élargi les horaires de l’association de 8h à 22h, 7/7jrs afin d’absorber la volumétrie importante des appels. Avec le basculement vers le télétravail, dès le premier jour du confinement, nous avons pu assurer la continuité d’activité en période de crise sanitaire. Par ailleurs, les appelants ont pu continuer à nous solliciter par courriel ainsi que sur les réseaux sociaux.

Un outil collaboratif de partage d’informations en direct a également permis aux juristes et coachs de ne pas être isolés et de s’entraider afin d’apporter des réponses précises et exactes. Cet outil a permis une grande fluidité et beaucoup d’interactivité au point que c’est devenu une modification pérenne de nos pratiques.

Les besoins des malades ont-ils été différents durant cette période ?
Dominique Thirry : La durée moyenne d’appel, de 30 minutes en temps normal, est passée à 45 minutes pendant le confinement et dans les semaines qui ont suivi. L’allongement des temps d’entretien résultait de nombreuses questions annexes en lien avec les précautions à prendre face au Covid. Nous avons connu une augmentation de la fréquence des appels dès le 1er jour du confinement, certainement en lien avec nos publications sur les réseaux sociaux. Dès que nous avons formalisé nos partenariats avec le Réseau Boost, La Ligne C et de nombreuses associations de patients, nous avons connu une nouvelle accélération en termes de fréquence d’appels.

Nous recevions entre 35 et 45 appels par jour, avec des pics à 55 appels les jours où Emmanuel Macron ou Edouard Philipe procèdent à des annonces. Les thématiques d’appels reçus ont dès le départ concerné les questions en lien avec le travail, le droit de retrait, les indemnités journalières, le chômage partiel et les questions d’accès aux différents établissements.

Au regard de nos partenariats et de nos activités habituelles, ce sont principalement des personnes en ALD et leurs proches qui nous ont sollicités. Cette période d’incertitude nous a demandé d’être particulièrement attentifs à la détresse des appelants et à leur besoin d’être rassurés.

Cette dynamique continue-t-elle depuis la fin du confinement ?
Dominique Thirry : En juin et dans l’été, les questions liées au Covid ont perduré en parallèle de la résurgence des questions habituelles : accès aux assurances de prêts, pension d’invalidité, recours MDPH ou sécurité sociale, aménagement des postes de travail, temps partiel thérapeutique, mesures de protection…
Pendant cette période, les questions en lien avec le Covid représentaient toujours 3 5% des appels contre 100 % en avril et 90 % en mai.

En parallèle, nous sommes intervenus lors des webconférences et des ateliers organisés par les associations de patients afin d’apporter un éclairage et des réponses à leurs adhérents. Nous avons également participé à des réunions plaidoyers d’autres associations visant à alerter sur la nécessité de prévoir la protection des personnes fragiles mais aussi celle de leurs proches pour leur permettre de se confiner en leur assurant une certaine stabilité financière.

Comment se passe ce début de reconfinement ?
Dominique Thirry : Dans les quinze premiers jours, et même un peu avant, les appels ont repris de plus belle avec des inquiétudes de la part des patients et des aidants sur leurs situations professionnelle et économique encore plus marquées qu’au premier semestre. Nous sentons une détresse de plus en plus forte des personnes qui appellent. Les patients ont peur pour leur emploi ; les aidants sont confrontés à la dégradation de l’état de santé de leurs proches et ont peur de les contaminer.

Au niveau des autres actions de l’association, comme l’accompagnement des adolescents atteints de cancer, à Saint-Louis, nous ne pouvons bien sûr plus organiser des rencontres et des ateliers sur place ; aussi, nous proposons des sessions par visioconférence pour ne pas les lâcher dans cette période.

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.

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