De l’infirmier d’annonce à la pratique avancée en cancérologie

De l’infirmier d’annonce à la pratique avancée en cancérologie

Les métiers de soignants en cancérologie suivent l’évolution du parcours de soins, notamment en matière de suivi des chimiothérapies orales ou de coordination. Depuis le premier plan cancer, le rôle de l’infirmier en cancérologie ne cessent de s’étoffer… et ses appellations aussi.

L’infirmier -le plus souvent infirmière-  est souvent considéré comme le professionnel de santé le plus proche des malades. Son rôle et ses fonctions doivent répondre aux besoins des malades et de la nouvelle organisation des soins. En effet, les progrès médicaux et le changement de prise en charge, avec une prise en compte de la personne malade dans sa globalité nécessitent le renforcement de la coordination des soins.

Pour accompagner ce changement, les infirmiers s’investissent plus et doivent donc acquérir de nouvelles compétences et voir leurs prérogatives élargies. Autant de fonctions -et d’appellations- qui se croisent, peuvent se combiner mais ne se superposent pas.

Infirmier d’annonce
Déjà, dans le dispositif d’annonce, mesure phare du premier plan cancer (2003-2007), de nouvelles fonctions sont dévolues aux infirmiers. En effet, après le temps médical dédié à l’annonce elle-même, le dispositif prévoit un temps d’accompagnement soignant, assuré généralement par un infirmier. Dans ce cadre, l’infirmier d’annonce, appelé parfois référent, a plus de responsabilité mais le schéma organisationnel et de valorisation n’est pas encore clairement défini.

Infirmier coordonnateur
Quelques années après, la mesure 18 du deuxième plan cancer (2009-2014) concerne la personnalisation de la prise en charge pendant et après la phase aiguë des traitements. Elle propose notamment la fonction d’infirmiers coordonnateurs de soins, dit aussi de coordination. Il est chargé prioritairement de l’articulation entre la ville et l’hôpital.

Le plan précise bien la nécessaire création d’un master pour élargir les compétences et le champ d’exercice des infirmiers, dont l’activité devra être valorisée. Après une première phase d’expérimentation, ce dispositif a été recentré sur les parcours complexes où cette articulation est plus sensible.

Infirmier clinicien ou de pratique avancée
Avec le troisième plan cancer (2014-2019), l’infirmier devient clinicien. L’objectif est ici de permettre aux infirmiers de réaliser des pratiques dites avancées, au-delà de leur métier socle, notamment pour améliorer la sécurité des traitements qui se complexifient. Ils pourront, sous certaines conditions, assurer la prescription protocolisée d’examens de suivi des traitements, de traitements complémentaires et de support, ainsi que la reconduction ou l’adaptation de traitements spécifiques.

Ce nouveau métier s’inscrit dans la loi de santé de 2016 avec un déploiement prioritaire en cancérologie. Pour être en cohésion avec les textes, et les appellations de ce statut dans les différents pays d’Europe, il est renommé « Infirmier en pratique avancée ».

Pour aller plus loin :

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.

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