Dépistage des cancers : les français mauvais élèves

La France propose trois programmes de dépistage organisé pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Deux d’entre eux sont en place depuis plus de dix ans mais malgré de vastes dispositifs de communication sur les bénéfices d’une détection précoce, le taux de participation des populations cible reste décevant. Pourquoi ? Et comment remédier à cette situation ?

Les dépistages organisés des cancers du sein et des cancers colorectaux s’adressent à des populations de 50 à 74 ans. Dans le cadre du dépistage du cancer du sein, les femmes sont invitées à bénéficier d’un examen clinique des seins et d’une mammographie tous les deux ans.
Le dépistage du cancer colorectal, destiné aux hommes comme aux femmes, s’effectue sous la forme d’un test (examen de sang dans les selles), à partir de fragments recueillis chez soi et adressés à un laboratoire d’analyses agréé.

Dans tous les cas, la détection précoce de lésions précancéreuses ou cancéreuses permet soit d’éviter de nouveaux cas de cancers, soit de recourir à traitements plus légers, moins mutilants, avec des chances de guérison bien supérieures. Pourtant, le taux de participation à ces dépistages, loin des objectifs des Plans Cancer, est globalement un échec.

Parmi les freins révélés par plusieurs études épidémiologiques : une gêne liée à la manipulation des selles, la peur de la coloscopie, les polémiques autour de l’efficacité des mammographies, le dépistage individuel, mais aussi la crainte d’un résultat positif, les disparités géographiques… et tout simplement la négligence.

Le rôle des médecins traitants et des associations de patients apparaît comme capital pour informer, inciter, dédramatiser et accroître l’adhésion des français au dépistage. Elle repose sur trois axes stratégiques : le recentrage des malades au cœur de la problématique, le diagnostic précoce et l’approche ciblée. Illustration par l’exemple.

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.