Dépistage des cancers : les français mauvais élèves

La France propose trois programmes de dépistage organisé pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Deux d’entre eux sont en place depuis plus de dix ans mais malgré de vastes dispositifs de communication sur les bénéfices d’une détection précoce, le taux de participation des populations cible reste décevant. Pourquoi ? Et comment remédier à cette situation ?

Les dépistages organisés des cancers du sein et des cancers colorectaux s’adressent à des populations de 50 à 74 ans. Dans le cadre du dépistage du cancer du sein, les femmes sont invitées à bénéficier d’un examen clinique des seins et d’une mammographie tous les deux ans.
Le dépistage du cancer colorectal, destiné aux hommes comme aux femmes, s’effectue sous la forme d’un test (examen de sang dans les selles), à partir de fragments recueillis chez soi et adressés à un laboratoire d’analyses agréé.

Dans tous les cas, la détection précoce de lésions précancéreuses ou cancéreuses permet soit d’éviter de nouveaux cas de cancers, soit de recourir à traitements plus légers, moins mutilants, avec des chances de guérison bien supérieures. Pourtant, le taux de participation à ces dépistages, loin des objectifs des Plans Cancer, est globalement un échec.

Parmi les freins révélés par plusieurs études épidémiologiques : une gêne liée à la manipulation des selles, la peur de la coloscopie, les polémiques autour de l’efficacité des mammographies, le dépistage individuel, mais aussi la crainte d’un résultat positif, les disparités géographiques… et tout simplement la négligence.

Le rôle des médecins traitants et des associations de patients apparaît comme capital pour informer, inciter, dédramatiser et accroître l’adhésion des français au dépistage. Elle repose sur trois axes stratégiques : le recentrage des malades au cœur de la problématique, le diagnostic précoce et l’approche ciblée. Illustration par l’exemple.

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.