Des préconisations pour l’infirmier de pratique avancée

Des préconisations pour l’infirmier de pratique avancée

Alors que le décret d’application sur la pratique avancée, attendu pour le mois de juin, est en concertation, l’Association Française des Infirmiers de Cancérologie (AFIC) émet 8 préconisations pour la mise en place de l’évolution de ce métier au cœur du soin.

Le troisième plan cancer (2014-2019) et la loi de santé de 2016 ont posé les bases de l’infirmier de pratique avancée (IPA). La concertation en cours sur le décret d’application est l’occasion de repréciser le rôle de cet infirmier nouvelle génération.

Décisions complexes et coordination
Selon le Conseil International des Infirmières, il s’agit d’un infirmier diplômé « qui a acquis des connaissances théoriques, le savoir-faire nécessaire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession. »

A l’occasion des dernières Rencontres de la Cancérologie Française, en novembre dernier, Michel Varroud-Vial, conseiller de la DGOS a précisé les missions principales de l’IPA : contribuer « à la prise en charge des patients en équipe en respectant les décisions du médecin et une possibilité de suivre des patients ayant des pathologies chroniques stabilisées sur indication du médecin. La principale nouveauté (est) dans la réalisation d’un certain nombre d’actes actuellement réalisés par les médecins avec la possibilité de prescrire un certain nombre d’examens complémentaires, d’adapter et de renouveler des prescriptions mais sans en prescrire de nouveaux ».

L’IPA aura ainsi un rôle clé dans le suivi des parcours, notamment complexes, avec une autonomie plus grande et une fonction transversale.

Préconisations de l’AFIC
Depuis 1981, l’AFIC participe à l’évolution des connaissances infirmières au sein de la spécificité cancérologie. Elle est reconnue comme référent incontournable pour les professionnels exerçant auprès de patients atteints de cancer.

Pour l’activité de l’IPA soit en cohérence avec les besoins de ces professionnels et les attentes des malades, l’AFIC émet 8 préconisations sur la mise en place de l’IPA pour qu’il :

  • exerce au sein d’une équipe pluridisciplinaire, forcément en synergie et en collaboration pluriprofessionnelle, médicale et paramédicale mais aussi sociale.
  • soit habilité à exercer dans le domaine de la cancérologie en assimilant des connaissances et intégrant une expertise dans le cadre de son parcours de formation.
  • apporte sa contribution à différents moments du parcours de soin de la prévention au suivi à long terme en passant par la phase diagnostique et d’annonce du cancer, la mise en œuvre du schéma thérapeutique et son suivi.
  • réalise des actes d’évaluation et de conclusion clinique, des actes techniques et des actes de surveillance clinique et paraclinique.
  • soit habilité à mettre en œuvre une prescription de dépistage, d’aide au diagnostic et de surveillance (pour la prise en charge des problèmes épisodiques, aigus et chroniques courants, pour la prise en charge des symptômes) mais aussi à orienter les patients vers les services médicaux de recours en cas d’urgence, mais aussi vers d’autres professionnels de santé pour une évaluation plus approfondie, selon les besoins, à orienter les patients et les familles vers les services de soins de support appropriés et à intégrer des modalités de traitement non-pharmacologiques.
  • soit formé par un Master 2 dont le programme est construit en collaboration pluriprofessionnelle et pluridisciplinaire des unités d’enseignement spécifiques au domaine de la cancérologie, complété par une formation continue mise à jour régulièrement et contrôlée.
  • soit un sujet de recherche, en développant des indicateurs d’évaluation spécifiques pour mesurer la performance et l’impact de l’activité dès sa mise en place.

Pour aller plus loin :

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.

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