Etat des lieux de l’immunothérapie en 2017

Les premières molécules développées ont été le fruit d’essais cliniques développés dans des pathologies graves où il y avait un vide thérapeutique. Elles ciblent des récepteurs appelés CTLA-4, PD-1 et PDL-1.

  • Les molécules anti CTLA-4

La toute première molécule, l’ipilimumab, est un anticorps dirigé contre la protéine CTLA-4 (récepteur inhibiteur). Elle a été testée chez des patients atteints de mélanome métastatique (un cancer cutané très grave), dont la survie moyenne était dans les années 2000 de 6 mois après le diagnostic, faute de chimiothérapie efficace. La tumeur a diminué progressivement jusqu’à disparaitre après 2 ans de traitement. Le taux de patients qui survivent a augmenté d’environ 10%.

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Immunothérapie et auto-immunité
Lorsqu’on stimule le système immunitaire contre la tumeur, on stimule également le système immunitaire contre les autres organes, avec le risque de créer une auto-immunité, c’est à dire un dysfonctionnement de l’organisme où le patient lutte lui-même contre ses propres défenses immunitaires. Certaines toxicités – dysfonctionnement de la thyroïde, décoloration de la peau, éruptions cutanées – se gèrent bien en médecine quotidienne. D’autres, plus graves, exigent l’hospitalisation du patient, des traitements lourds et peuvent entraîner la mort.

Cette molécule s’accompagne toutefois de fortes toxicités (auto-immunité conte le côlon et/ou la paroi digestive, engendrant de violentes diarrhées avec saignements ayant conduit dans certains cas au décès du patient).

L’ipilimumab est la seule molécule anti CTLA-4 autorisée à la commercialisation. Une deuxième molécule est toujours en cours de développement.

  • Les molécules anti PD-1 et PDL-1

Les immunomodulateurs de 2ème génération ciblent d’autres récepteurs du lymphocyte T : PD-1 ou son co-récepteur PDL-1, exprimé sur les cellules tumorales.

La première preuve d’efficacité de ce type de molécule a été apportée dans le mélanome métastatique. Au vu des résultats impressionnants – beaucoup moins de toxicités qu’avec l’anti-CTLA4, un nombre de patients répondeurs beaucoup plus élevé – la nouvelle molécule est devenu la première ligne de traitement pour les patients métastatiques et a changé leur devenir. Au bout de 3-4 ans de traitement, de nombreux patients ont repris leur travail et une vie quasi-normale ; avec 5 à 6  ans de recul, certains sont toujours en vie.

Dans le cancer du poumon, les tests conduits chez des patients en échec avec la chimiothérapie ont également montré une prolongation de la survie moyenne (6 mois sous chimiothérapie versus 9,2 mois sous immunothérapie), un résultat qui a conduit à son autorisation d’utilisation en deuxième ligne thérapeutique.

Enfin une immunothérapie a été proposée à des patients atteints de cancers du rein en échec avec les antiangiogéniques, seules thérapeutique approuvées. On a constaté un gain de survie de 6 mois chez ces patients, par rapport au traitement de référence. Cette immunothérapie est maintenant utilisée en routine pour ces patients, en 2ème ligne thérapeutique.

L’immunothérapie est maintenant autorisée également pour les tumeurs de la vessie (très agressives) et le sera sans doute prochainement pour les cancers ORL, les cancers de l’estomac et certaines tumeurs rares cutanées comme le cancer de Merkel.

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Les tumeurs du sein sont classées en fonction de certaines caractéristiques, dont la présence de récepteurs en estrogènes, en progestérone et la surexpression d’un récepteur appelé HER-2. Lorsqu’aucun de ces récepteurs n’est présent, on parle de cancers du sein « triple négatifs », très agressifs contre lesquels on a peu d’armes thérapeutiques.

Testée dans tous les types tumoraux, l’immunothérapie se montre très efficace dans :
– les mélanomes,
– les cancers du poumon,

D’autres tumeurs répondent moins bien, voire très mal :
– les cancers du cou et de la tête
– les cancers de la vessie,
– les cancers de l’estomac,
– les TNBC ou cancers du sein « triples négatifs »,
– les mésothéliomes (plèvre, péritoine, péricarde)
– les cancers de l’ovaire

Ces traitements étant très coûteux, la sécurité sociale et nos agences réglementaires incitent à limiter la prescription et à identifier les patients à qui ces traitements bénéficieraient ou pas.

Pour aller plus loin :

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

Commentaires (1)

  1. Bonjour,
    Svp je vous demende si l humminotirapie peux guérir un cancer du pou mon avancé avec metastase au glandes surrénales. C est très urgent.
    Je vous remercie d’avance

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