Fight Club Cancer : des escadrons pour rebooster les malades

A l’origine du Fight Club Cancer, un constat de son fondateur Guillaume Lionet : dans l’univers concentré du soin, la perception de la maladie s’opère au travers d’un prisme déformant. Il s’agit alors d’armer l’esprit contre ce qui fait obstacle à une vision positive et objectivée du cancer, d’où l’exhortation guerrière qu’évoque sa devise : forger le mental des combattants.

Le Fight Club Cancer est un cercle fermé qui n’admet parmi ses membres que des personnes touchées directement par la maladie : les combattants (les patients en traitement) et les vétérans (les anciens patients en rémission ou guéris) y sont organisés en « cellules » régies par un esprit de bienveillance et de simplicité décliné en six règles, qui se réunissent une fois par mois, sous l’égide d’un animal totem.

Une parole affranchie dans un cadre réconfortant
Ces cellules composées sans distinction de pathologie d’hommes et de femmes de tous âges, de toutes classes sociales et de tous horizons professionnels, se reproduisent dès qu’elles atteignent 15 membres. Elles visent à utiliser l’énergie collective pour amener chacun à délivrer son mental – ce réceptacle où s’accumulent nos incompréhensions, nos doutes, nos souffrances et nos peurs – et faire émerger la force du combat.  
Sans tabou ni jugement, l’échange est libre, dans un lieu qui se prête à la convivialité. Le pathos n’est pas leur crédo, plutôt l’humour et la dérision.

Distiller des idées et des pistes d’action
Le Fight Club Cancer organise également, de manière épisodique, des événements ouverts à des participants extérieurs : représentations théâtrales, cours de yoga, pique-niques… Le moyen, en toute indépendance et en toute liberté de ton, de porter un message contre la discrimination dont la communauté fait l’objet, de rendre hommage aux combattants de l’ombre que sont les aidants, d’intervenir sur le terrain de la prévention contre l’ignorance et l’obscurantisme.

Pas d’objectif chiffré, pas de limite non plus
Le Fight Club Cancer ne recourt à aucune forme de publicité, il s’appuie exclusivement sur l’engagement bénévole et le bouche à oreille. Avec, à un an d’existence, une cinquantaine de membres actifs et trois cellules, le modèle est transposable à l’infini. Si Guillaume Lionet ne cède pas à une ambition démesurée qui mettrait à mal la souveraineté de l’organisation, il ne s’interdit pas de relever le défi, le moment venu, d’un développement national.

Le Fight Club Cancer, avec un objet détourné, est directement inspiré du Fight Club de David Fincher[1] ; les similitudes n’échapperont pas aux cinéphiles.

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[1] Le film dénonce une société manipulatrice qui enferme les individus dans toutes sortes d’angoisses et de phobies tout en leur faisant croire qu’ils sont libres. Le héros, citoyen lambda dans le rang, crée avec un anarchiste mi-gourou mi-philosophe un lieu de combat clandestin contre cette aliénation, qui prolifère rapidement dans les milieux noctambules. Jusqu’à la révélation finale, édifiante : les deux protagonistes ne sont qu’une seule et même personne.