HAGETMAU AUX COULEURS DE LA HOLI

HAGETMAU AUX COULEURS DE LA HOLI

Dans cette petite ville du sud-ouest de la France, se niche un cocon de bien-être réservé aux personnes touchées par le cancer. Une approche HOLIstique voulue par une jeune infirmière du cru pour apporter un soupçon de couleur dans un quotidien trop souvent sombre.

La Holi – ou fête des couleurs est un immense rassemblement indien sans distinction de rang où des feux de joie sont allumés pour éloigner le mal et où l’on s’asperge de poudre aux couleurs vives ayant chacune une signification constructive (amour, vitalité, harmonie…). Le cadre conceptuel de La Holi est posé.

De l’idée au démarrage, un parcours méthodique
C’est en parcourant la Chalosse et les territoires ruraux du nord des Landes pour y prodiguer des soins infirmiers à domicile que Laure Dandieu prend la mesure de la lassitude, de la solitude et de la démotivation de certaines personnes atteintes de cancer. Dans ces zones éloignées des centres hospitaliers et du dynamisme urbain, elle aura tôt fait, sondage à l’appui, d’identifier les manques et les moyens de les combler.

Forte d’un projet abouti, élaboré avec l’aide du réseau BGE Landes Tec Ge Coop, la jeune infirmière de 26 ans diplômée depuis 2012, constitue une équipe qui partage avec elle ses valeurs et ses motivations. Ensemble, elles se mettent en quête de financements. L’exercice sera convaincant : l’offre Cap Amorçage d’Aquitaine Active (pour le financement de jeunes entrepreneurs sur le territoire local), une campagne de financement participatif couronnée de succès et le mécénat d’une figure emblématique de l’industrie locale permettront de donner une première impulsion au projet, avec la location d’un espace associatif dans la commune d’Hagetmau. Suivront les subventions de partenaires institutionnels (ARS, CPAM) et privés (Ociane, BMS, Fondation de France).

Une touche d’humanisme et d’empathie
En octobre 2017, La Holi, ouvrait ses portes. Grâce à un grand élan de solidarité des entreprises locales, le local a été équipé pour y proposer des ateliers animés par des professionnels bénévoles (majoritairement) et salariés, pendant la traversée de la maladie et la période de transition avant le retour à un équilibre de vie normale : Activité Physique Adaptée (APA), socio-esthétique, socio-coiffure, groupe de paroles, conseils diététiques… pour reprendre goût à se faire plaisir, mais aussi couture ou ateliers solidaires, pour se sentir de nouveau utile. Avec un modèle associatif fondé sur une adhésion annuelle et un forfait ouvrant droit à un nombre prédéterminé d’ateliers, La Holi se veut un lieu de passage. Sa vocation est d’adoucir le quotidien de patients à distance parfois de leurs familles, de les détourner un moment de l’univers de la maladie, de leurs souffrances et de leurs angoisses, de restaurer les repères pour que chacun, à terme, remette sa vie sur les rails.

Une initiative inédite en milieu rural
La Holi a reçu en septembre dernier le prix du festival NOVAQ, porté par l’Alliance Innovation Santé Nouvelle Aquitaine (ALIS NA) dans la catégorie « prise en charge du patient ».  Une reconnaissance que toute l’équipe de la Holi entend exploiter pour se faire connaître davantage, pérenniser le projet et développer une offre guidée par les carences constatées sur le terrain.
Renouveler les actions de prévention telles que les ateliers d’autopalpation organisés pendant Octobre Rose et accompagner le retour à l’emploi après la maladie seront parmi les priorités.

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.