La médecine chinoise à l’épreuve de la « médecine des preuves »

La médecine chinoise à l’épreuve de la « médecine des preuves »

A l’inverse des produits et techniques conventionnels, qui bénéficient de financements privés pour la recherche, sont soumis à des études pharmacologiques avant autorisation, font l’objet d’une surveillance par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et sont couverts par l’assurance maladie, la médecine non conventionnelle se caractérise par une offre en libre accès pour tous, l’absence d’organisme régulateur, une recherche financée par des fonds publics et un remboursement quasi-inexistant.

Difficile, dans ces conditions, de satisfaire aux prérequis indispensables des autorités ; la médecine non conventionnelle a donc été mise au ban de l’arsenal thérapeutique français, faute de données de sécurité.

Or, le recours aux médecines complémentaires, notamment en cancérologie, est irréfutable. Mais lorsqu’il est dissimulé au corps médical, les conséquences peuvent être graves (en termes d’interaction médicamenteuse par exemple).

C’est ce qui a motivé, dès 2010,  la création au Centre Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière à Paris, d’un Centre intégré de médecine traditionnelle chinoise, où sont évaluées à la fois l’efficacité et l’application thérapeutique d’un certain nombre de techniques.

« La demande est telle qu’on ne peut la satisfaire pleinement » déclare le Pr Alain Baumelou, néphrologue responsable de ce centre. Il en appelle à une mobilisation des institutions pour faire avancer la recherche dans ce domaine et pour le développement de l’enseignement et de la formation, au travers d’initiatives telles que le Collège Universitaire de Médecines Intégratives et complémentaires (CUMIC).

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.