L’art-thérapie passe au numérique

L’art-thérapie passe au numérique

Depuis 2003, l’association Médecins de l’Imaginaire conçoit et met en œuvre des programmes d’art-thérapie pour accompagner les personnes malades. Dès le début du confinement, Laurence Bosi, sa fondatrice, a proposé de continuer les ateliers par visioconférence.

L’association Médecins de l’Imaginaire accompagne les enfants, les adolescents et les adultes face à l’épreuve du cancer et des maladies graves ou chroniques avec le support de l’art-thérapie, à l’hôpital ou « en ville », dans des lieux ressources pour les patients.

Une dizaine de programmes dans ou proches des lieux de soins
Depuis 2003, une dizaine de programmes a permis d’accompagner près de 2500 patients dont plus de la moitié d’enfants et d’adolescents, principalement à l’hôpital Necker (Paris), la maison des patients de l’Institut-Curie (Saint-Cloud), la clinique Edouard Rist (Paris) et avec l’association Etincelles (Boulogne). Les dispositifs sont élaborés en lien avec les soignants et adaptés au contexte des soins, à l’énergie et à la disponibilité des patients. Ils sont intégrés comme soins de support.

Un basculement en ligne avant même le confinement
Laurence Bosi a anticipé la fermeture de la maison des patients quelques jours avant le confinement officiel « au regard de la fragilité des patientes. J’étais déjà abonnée à une plateforme pour les réunions de l’association depuis les grèves ». A sa grande surprise, elles se sont toutes débrouillées malgré des niveaux d’usage du numérique très différents. « Dès le mercredi qui a suivi, lendemain du confinement, j’avais tout le monde en ligne. »

Être créatif pour s’adapter
A la maison des patients, acryliques, toiles et beaux pinceaux sont à disposition. « Chacun s’est rendu compte de ce qu’il pouvait avoir chez lui. J’ai testé ce qu’on pouvait faire avec du papier, des feutres, un bâton de colle et des vieux magazines. La créativité est inépuisable. »
L’adaptation des protocoles a donc d’abord été technique mais également dans la manière de présenter les exercices, d’animer. « Nous vivons une expérience différente chacune de notre côté. Là, je ne vois pas du tout ce qu’elles produisent. Elles ne montrent à la webcam que ce qu’elles veulent. »

Accompagner les soignants
Laurence Bosi a ainsi continué les autres ateliers sur le même mode, sauf pour les adolescents hospitalisés. « D’habitude, nous passons de chambre en chambre. Nous ne pouvions pas demander aux équipes de passer avec une tablette… » Par ailleurs, le confinement a été l’occasion de développer une proposition en réflexion depuis un moment dans l’association : un programme d’ateliers ponctuels pour les soignants. « Leur détresse est d’autant plus forte dans cette période. Nous avons développé un programme qui s’adapte à leurs contraintes. Cela a commencé le 1er avril. »

Développer les ateliers en ligne
La réussite de cette première expérience motive Laurence Bosi à saisir l’opportunité de se déployer différemment « en gardant le même esprit de groupe fermé, de cercle. Avec le sourire, la parole, nous gardons les interactions. Il s’agit d’une offre complémentaire, qui s’adapte aux circonstances. Les associatifs bougent et apprennent beaucoup dans cette période de confinement.
Les ateliers pourront ainsi être proposés aux patients qui ne peuvent pas se rendre à la maison des patients ou qui sont éloignés de toute offre de soins de support. Cela permettra également à l’association d’avoir une couverture plus nationale.

Le confinement est une période active pour Médecins de l’Imaginaire qui a mis en ligne mi-avril son nouveau site Internet : https://www.medecinsdelimaginaire.com

 

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.