Lors de cette édition 2016 de l’ASCO, les quelque 5 000 présentations délivrées par plus de 30 000 spécialistes du monde entier, ont accordé une place d’honneur à l’immunothérapie du cancer.

Son efficacité, sa capacité à ralentir la progression de la maladie dans différents types de cancers a maintenant été démontrée, même chez les patients qui ont épuisé tous les traitements conventionnels, avec le plus souvent des effets secondaires moins lourds que ceux de la chimiothérapie et de nombreux médicaments au stade d’essai clinique offrent des voies prometteuses.

Dans tous les cas néanmoins, les thérapies ciblées et les traitements classiques – chimiothérapie, radiothérapie – ne sont pas en reste. Leur association avec l’immunothérapie permet parfois d’obtenir des réponses optimales alliant les bénéfices respectifs de l’une ou l’autre stratégie, en termes de taux de réponse ou de durabilité.

De nouvelles pistes s’ouvrent également, pour l’amélioration du suivi médical ou des traitements.

La place croissante de l’immunothérapie

asco-immunotherapie-encartLa révolution dans l’immunothérapie des cancers réside essentiellement dans les immunomodulateurs, ces molécules capables de bloquer d’autres molécules impliquées dans la désactivation des lymphocytes T pour restaurer une réponse immunitaire efficace.

Parmi eux, les anti-CTLA-4 et les anti-PD-1 ou PD-L1 : les générations les plus récentes des deux derniers ont été passées au crible.

Testées initialement dans le traitement de certains cancers du poumon réfractaires aux chimiothérapies, les molécules anti-PD1/PD-L1 s’avèrent efficaces contre des cancers avancés, difficiles à traiter, tels que le mélanome cutané, les cancers du poumon et les cancers de la vessie essentiellement.

Combinées parfois avec des chimiothérapies, elles font l’objet de nombreux essais cliniques dans différents types de tumeurs, qui pourraient, à l’avenir, bénéficier de ces nouvelles thérapies.

 

Réflexion dans les couloirs de l’ASCO

Quelques remarques prudentes échangées librement à l’issue de la session apportent un léger bémol aux pronostics enthousiastes.

Dans les études préliminaires et dans la phase 3, on ne distingue pas les patients utilisateurs de l’application en fonction des traitements reçus, faisant d’eux une population agrégée et homogène, ce qu’ils ne sont pas en réalité. Un point de nature à affaiblir sensiblement, selon certains, la conclusion sur la relation de cause à effet entre la survie globale (+ 7 mois) et l’utilisation de l’application.

Quant à l’amélioration de la qualité de vie relatée par les patients, c’est une expression récurrente dans toutes les approches e-santé dans lesquelles on porte attention et écoute au patient en le suivant de près.

Enfin, si l’économie associée à l’application révèle l’espoir sous-jacent d’un remboursement et donc d’un tarif à court terme (des discussions sont en cours avec les autorités de santé françaises dans cette perspective),  le modèle économique reste incertain. Un  forfait par patient suivi payé au développeur de l’application ? Un tarif mensuel tant que le patient est en vie et utilise l’application ?

Des éclairages ultérieurs viendront sans doute alimenter le débat.

 

Quelques exemples de médicaments à l’étude qui pourraient devenir de nouveaux standards thérapeutiques :

 

Les autres pistes

 

Sylvie Favier