Le défaut d’interopérabilité : quel préjudice pour les patients atteints de cancer ?

Le défaut d’interopérabilité : quel préjudice pour les patients atteints de cancer ?

Malheureusement, l’interopérabilité des systèmes d’information en santé n’est pas assurée, loin s’en faut. Ce sont les patients qui en subissent les conséquences, les praticiens n’ayant pas forcément accès à l’information la plus exacte et la plus récente les concernant.
En résultent :

  • des soins inutiles ou inappropriés,
  • des coûts additionnels inutiles,
  • des déplacements inutiles et des dépenses supplémentaires pour les patients qui doivent physiquement apporter leur dossier médical à chaque service de santé,
  • des temps d’attente plus longs au cabinet médical lorsque l’information en provenance d’un autre prestataire ou d’un spécialiste se fait attendre
  • des occasions ratées d’appliquer les enseignements de certains traitements qui auraient pu être précieux s’ils avaient été accessibles.

Dans un récent sondage effectué par l’ASCO auprès de représentants de patients atteints de cancer, 80% ont déclaré qu’ils qualifieraient leur expérience de partage des données de santé entre prestataires de soins de « difficile » ou « très difficile ».
Ils ont illustré le manque d’interopérabilité dans le processus de soins des patients par de nombreux exemples :

  • un témoignage décrit comment une simple demande de traitement antidouleur a tourné un vendredi après-midi au parcours du combattant, juste parce que le service d’oncologie ne pouvait pas accéder à un rendez-vous planifié ou à des données de laboratoires, préalablement saisies par le département de radio-oncologie, au sein d’une même structure où coexistent des versions différentes de logiciels (DSE),
  • un autre témoignage rapporte l’expérience d’une patiente de 80 ans ayant dû se déplacer dans son hôpital pour récupérer son dossier médical qu’elle devait envoyer à un autre prestataire. Elle a dû acheter un fax pour pouvoir le transmettre à tous les intervenants de son parcours.

A l’ère du Big Data et du smartphone, il est inconcevable que des patients se heurtent à de telles difficultés !

Sylvie Favier
D’après l’intervention de CancerLinQ, dimanche 5 juin 2016, ASCO

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A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

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