L’entreprise et le cancer (3/4) – Gestion des salariés malades : le coaching a le vent en poupe

Agir de façon appropriée suppose d’être sensibilisé aux difficultés rencontrées par le salarié malade. De nombreuses entreprises, s’estimant désarmées, font appel au coaching pour améliorer la prise en charge de leurs salariés touchés par le cancer : une démarche volontaire d’anticipation et de préparation.

La progression exponentielle du recours des entreprises à des services externes d’accompagnement et de formation relatifs à la maladie chronique dans l’univers du travail et la multiplication des organismes dédiés à ces missions opèrent comme un double révélateur : d’une part, de l’avènement d’une vision humaniste de l’entreprise avec un questionnement grandissant sur les questions de fragilité des salariés ; d’autre part de la tendance croissante des anciens malades à utiliser leur expérience au profit de l’aide à autrui qui fait du coaching une profession en plein essor.

Du dialogue avec les entreprises, ressort un besoin prégnant d’être accompagnées dans le choix de leur communication et de leurs postures.

L’environnement du salarié et ses interactions

L’association Entreprise et Cancer conçoit des formations de sensibilisation à la gestion des personnes fragiles destinées aux dirigeants ou à d’autres populations. Elle place le maintien et le retour au travail des personnes touchées par le cancer au cœur de son action et intervient sur les plans de l’information (briser le  tabou du cancer, changer le regard sur la maladie, repérer les signaux faibles), de la communication (lever la peur de la stigmatisation pour libérer la parole, respecter aussi la volonté de se taire), et de l’interaction avec le collectif de travail (faire accepter des conditions particulières, l’affaiblissement d’un collègue).

La confiance nait de la proximité

Pour Nathalie Vallet-Renart, co-fondatrice d’Entreprise et Cancer aux côtés d’Henri de Rohan Chabot,  tous deux confrontés au cancer, c’est la connaissance partagée des organisations et de leurs enjeux stratégiques et économiques, en même temps que l’expérimentation commune de la maladie, qui fait sa légitimité.
Car si la taille de l’entreprise conditionne probablement les moyens matériels alloués au déploiement d’outils en faveur des personnes fragilisées, c’est la qualité de la relation qui fait consensus devant le développement de dispositifs centralisés, si professionnels et aboutis soient-ils, dans l’instauration d’un climat de confiance.
A cet égard, les PME seraient, fonctionnellement et en termes d’organisation, mieux armées que les grands groupes, pour développer un esprit de corps.

Pour aller plus loin :

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.