Les asso évaluent les médicaments

Dans le cadre de sa mission dédiée aux Relations avec les associations de patients et d’usagers, la HAS ajoute une nouvelle implication des associations de patients dans ses travaux : la contribution des représentants de malades aux évaluations des médicaments et des dispositifs médicaux.

Différents niveaux d’implication
Le premier niveau d’implication est le simple dialogue institutionnel entre la HAS et les associations de patients et d’usagers de la santé. Il permet déjà aux instances de les les connaître et de comprendre les enjeux de chacun. Au-delà, les associations agréées peuvent saisir la HAS au même titre que les autres acteurs de la santé pour demander la conduite de travaux dans les domaines où elles sont impliquées. Elles peuvent également exercer un droit d’alerte sur tout fait relevant de ses compétences ayant des incidences importantes sur la santé.

De manière plus concrète, les associations participent aux travaux de la HAS. Les représentants de patients sont ainsi intégrés comme experts à plusieurs niveaux :

  • Les groupes de lecture. Leurs membres donnent des avis consultatifs et individuels sur le fond et la forme de la version initiale des recommandations, sur leur applicabilité, leur acceptabilité et leur lisibilité
  • Les groupes de travail thématiques intègrent des associations, de préférence agréées au niveau national. La HAS est d’ailleurs amenée à faire des appels à candidatures d’experts via son site has.fr.
  • Les commissions qui valident les travaux des groupes de travail sauf pour celle de la transparence (évalue les médicaments) et de la Cnedimts (évalue les actes et dispositifs médicaux).

D’ailleurs, les textes devraient évoluer pour intégrer des représentants d’usagers à ces deux commissions qui ont une implication directe sur la prise en soins des malades.

Contribution aux évaluations
Un premier pas vers l’intégration des associations dans la commission de la transparence et la Cnedimts est l’appel à contribuer aux évaluations d’accès ou de maintien au remboursement de médicaments et de dispositifs médicaux. La HAS reconnaît ainsi le savoir expérientiel des patients sur leur maladie, les traitements, les parcours.

Les associations peuvent transmettre des informations qui leur paraissent utiles à porter à la connaissance des commissions de la HAS chargées de l’évaluation des produits de santé. Il est à noter que, contrairement à d’autres implications citées, toute association de patients ou d’usagers, agréée ou non, peut soumettre une contribution. Cette contribution se fait pour les nouveaux médicaments et dispositifs, ceux pour lesquels une évaluation ou une réévaluation est programmée.

Concrètement, sur le site has.fr, un tableau des contributions est disponible. Chaque contribution est ouverte pendant 30 jours. Une alerte e-mail  permet d’être informé de la mise à jour des tableaux. La suite est simple : lire le guide que la HAS a rédigé sur cette démarche et contacter le service (contact.contribution@has-sante.fr ou 01 55 93 73 40).

Un simple questionnaire sera à remplir :

  • Informations sur l’association ;
  • Impact de la maladie ou de l’état de santé concernés sur le patient, sa qualité de vie ou son entourage ;
  • Expérience de l’association avec les thérapeutiques actuelles (autres que le produit évalué) ;
  • Expérience avec le produit évalué si les patients ont une expérience d’utilisation ou si l’asso­ciation connaît les résultats des essais cliniques relatifs au produit ;
  • Toute information supplémentaire qui semblerait utile pour la HAS dans son évaluation (par exemple des problèmes éthiques ou sociaux) ;
  • Les messages clés.

La HAS espère ainsi recueillir des faits, informations et résumés d’expériences donnant une vue concise et précise du point de vue des patients ou des aidants sur ces produits de santé.

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.

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