Les nouvelles approches thérapeutiques 

  • Les vaccins anti-cancer: tous ont montré des limites significatives. On attend des résultats potentiellement intéressants dans quelques essais en cours dans la prostate, le sein et le poumon mais à ce jour, une seule molécule a obtenu l’AMM (autorisation de mise sur le marché) : le Provenge ®, pour le cancer de la prostate. S’agissant d’un vaccin individuel, c’est-à-dire fabriqué spécifiquement pour un patient, son prix de revient est très élevé et il n’est pas commercialisé en France.
    La vaccination anti-cancer pourrait néanmoins connaître un nouvel élan grâce à l’association avec des immune checkpoints.
  • les néo-épitopes : les mutations des cellules tumorales, propres à chaque patient produisent une protéine mutée, appelée néo-antigène, propre au patient et propre à sa tumeur. Après l’identification des mutations par le séquençage de l’ADN, un logiciel recherche des parties nouvelles de l’antigène reconnaissables par le système immunitaire, les néo-épitopes, contre lesquelles un vaccin individualisé agirait.
  • les car-T cells : au lieu de tenter de réactiver les lymphocytes du patient in vivo, il s’agit de créer de nouveaux lymphocytes chimériques in vitro et de les réinjecter. Par un mécanisme de biotechnologie en laboratoire, des lymphocytes T sont récupérés chez le patient et génétiquement modifiés. Les cellules expriment alors un récepteur chimérique qui va permettre une meilleure reconnaissance de la cellule tumorale par les lymphocytes modifiés. Ces « super-lymphocytes » sont ensuite réinjectés au patient pour lutter contre la tumeur.
    Actuellement, les car-T cells sont développées principalement dans les maladies hématologiques, lymphomes et leucémies aigües, avec des résultats extrêmement encourageants, notamment en pédiatrie.

L’immunothérapie est sans conteste devenue le quotidien de l’oncologue en 2017. Leur utilisation désormais classique, avec des réponses prolongées et des profils de toxicité largement acceptables, vient compléter avantageusement l’arsenal des chimiothérapies et thérapies ciblées qui restent d’excellents traitements.
Le coût des molécules fait toutefois émerger un problème crucial de santé publique et les immunothérapies risquent d’être de plus en plus surveillées dans les modalités de prescription.
D’où la nécessité de mieux identifier les patients qui vont en bénéficier, de savoir déterminer le meilleur moment pour les utiliser (en adjuvant/ néo-adjuvant, en maintenance ou en situation métastatique) et de découvrir les meilleures associations.

Peut-être les années à venir verront-elles l’avènement d’une immunothérapie personnalisée, où on identifiera dans la tumeur les voies d’activation prédominantes du système immunitaire pour les cibler spécifiquement comme on le fait à l’heure actuelle en thérapie ciblée.

Pour aller plus loin :

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

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