L’immunothérapie moins chère que les traitements traditionnels ?

Alors que la plupart des investigations portent sur le prix du médicament lui-même, une étude (1) s’est attachée à modéliser les dépenses liées aux toxicités (effets indésirables) des immuno-modulateurs. Trois produits récemment mis sur le marché, et qui ont fait couler beaucoup d’encre du fait de leur coût, ont été étudiés : un anti CTLA-4 (ipilumab – Yervoy, Bristol-Myers Squibb) et deux anti PD-1 (nivolumab – Opdivo, Bristol-Myers Squibb et pembrolizumab – Keytruda, Merck). Pour les trois médicaments, les dépenses liées aux toxicités sont comparables. Si l’on retient le critère du prix du médicament, c’est l’ipilimumab qui revient le plus cher par patient. Mais si l’on considère le coût global du traitement, la prise en charge des effets indésirables représente une proportion plus significative pour les deux anti-PD-1.

Par ailleurs, une analyse d’études comparatives d’efficacité entre le nivolumab (anti PD-1) et le docétaxel (Taxotère, Aventis, traitement anticancéreux traditionnel) dans le cancer du poumon non à petites cellules chez les patients dont la maladie a progressé après une chimiothérapie à base de platine (2), a permis d’établir deux constats : les effets indésirables liés au traitement étaient plus nombreux avec le docétaxel ; les dépenses liées à la prise en charge des effets indésirables étaient très supérieures avec le docétaxel.

Par conséquent, il convient de prendre en considération les effets indésirables observés chez les patients sous immunothérapie ; le ratio prix-performance de traitements équivalents en termes d’efficacité et l’estimation du coût réel des immunothérapies pourraient s’en trouver modifiés.

(1) D’après la présentation de Neil Thomas Mason, Modeling the cost of immune checkpoint inhibitor-related toxicities, poster # 109, ASCO juin 2016

(2) D’après la présentation de Mina Venkatachalam, Estimated costs of managing treatment-related adverse events of nivolumab and docetaxel in the CheckMate 017 and CheckMate 057 phase III non-small cell lung cancer trials, poster # 100, ASCO juin 2016.

Sylvie Favier

A propos Damien Dubois

Damien Dubois est journaliste et spécialiste de la communication en santé. Dans son activité en indépendant, il défend les droits des personnes atteintes de cancer ou de maladies chroniques et relaie leur parole, notamment dans le cadre de Cancer Contribution. Suite aux Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998, avec d’autres jeunes adultes touchés par la maladie, il crée Jeunes Solidarité Cancer, première association portant la parole des adolescents et jeunes adultes concernés par le cancer et prônant une prise en charge spécifique de cette tranche d’âge intermédiaire. En 2016, il crée avec d’autres acteurs de la cancérologie, une plateforme Internet, conçue comme une boîte à outils pour aider les associations à aider les malades.

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