Mobilisation internationale autour de la génomique

Mobilisation internationale autour de la génomique

Les initiatives et les alliances se multiplient partout dans le monde pour permettre aux chercheurs de piocher dans le Big Data de quoi alimenter la médecine prédictive et personnalisée. Un déploiement qui répond à des enjeux majeurs scientifique, technologique, économique, et de santé publique.

Affiner le diagnostic et le traitement grâce à l’exploration moléculaire des pathologies et la constitution de bases de données d’origine biologique, clinique et même environnementale ; accroître la capacité à stocker, transmettre et interpréter des données massives en faisant se rencontrer l’intelligence artificielle et les sciences de la vie ; améliorer l’efficience de notre système de santé en diminuant l’errance diagnostique, en favorisant l’efficacité thérapeutique et en  créant de nouvelles sources d’innovation, ; permettre enfin au plus grand nombre de patients de bénéficier, par le séquençage de leur génome, d’une prise en charge diagnostique et thérapeutique personnalisée. La fin justifie les moyens considérables que la plupart des grands pays engagent dans la génomique.

Des programmes de coopération soutenus par les pouvoirs publics
Par exemple, aux États-Unis et en Angleterre, les études génomiques à grande échelle ont commencé dans le cadre du programme de recherche All of us du National Institute of Health (NIH) créé par le gouvernement Obama, et du Genomics England 100 000 genomes project que porte une société créée spécifiquement pour le projet par le Ministère de la Santé et des Affaires sociales.

D’autres initiatives se développent, associant plusieurs pays pour permettre de croiser les données génomiques. Parmi les plus marquantes :

  • L’alliance mondiale Global Alliance for Genomic and Health (GA4GH) œuvre pour le partage responsable des données disponibles sur la génomique des cancers entre scientifiques du monde entier.
  • Le Matchmaker Exchange (MME), auquel 84 pays contribuent, est un réseau reliant entre elles plusieurs bases de données génomiques pour faciliter la recherche de patients avec des données similaires dans des gènes candidats spécifiques.
  • L’European Molecular Biology Laboratory (EMBL), organisation intergouvernementale européenne interdisciplinaire englobe plus de 80 groupes de recherche en biologie moléculaire.

Un plan national à la hauteur des ambitions de la France
Avec l’objectif affiché de « positionner la France dans le peloton de tête des grands pays engagés dans la médecine génomique », notre pays n’est pas en reste. L’ambitieux Plan France Médecine Génomique (PFMG) 2025 prévoit la création de 12 plateformes de séquençage du génome humain à très haut débit et bénéficie d’enveloppes substantielles de plusieurs centaines de millions d’Euros pour leur mise en œuvre. Les deux premiers projets financés par l’Etat dans ce cadre sont d’ores et déjà opérationnels en Ile de France et en Auvergne Rhône-Alpes : la plateforme SeqOIA (Sequencing, Omics, Information Analysis) porté par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l’Institut Curie et Gustave-Roussy et la plateforme Auragen (Auvergne Rhône-Alpes Génomique), coordonnée par le Centre Léon Bérard à Lyon et du Centre Hospitalier Universitaire Grenoble-Alpes.

Afin que toutes les personnes concernées puissent accéder à la médecine génomique, le PFMG 2025 entend d’une part intégrer les analyses génomiques dans la pratique clinique en accélérant la recherche et le développement à partir de ces analyses et des données qu’elles génèrent, d’autre part contribuer au développement rapide d’une filière nationale de la médecine génomique.

D’après l’intervention du Pr Pascal Pujol, Chef de service Oncogénétique du CHU de Montpellier, Président de la SFMPP

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.