Quels sont les moyens disponibles pour lutter contre une cellule tumorale ?

La cellule infectée est entourée du microenvironnement tumoral, composé de vaisseaux et de nombreux types de cellules. Les divers traitements peuvent soit cibler la tumeur elle-même, soit modifier l’environnement tumoral pour qu’il rejette la tumeur ou l’empêche de se développer :

  • Les traitements classiques: aujourd’hui, les cancers sont guéris principalement avec la chirurgie et radiothérapie.
  • Puis sont apparus des traitements systémiques, qui diffusent dans l’ensemble du corps et luttent à la fois contre la tumeur localement et contre des cellules éventuellement disséminées ailleurs (notamment les métastases). Ces traitements incluent les chimiothérapies conventionnelles et les thérapies ciblées, des molécules plus récentes, développées à partir des années 2000. Parmi ces molécules, les antiangiogéniques, destinés à empêcher la tumeur de développer le réseau de vaisseaux qui lui apportent les nutriments et l’oxygène dont elle a besoin pour grossir, ont suscité beaucoup d’espoir avant que les résultats s’avèrent moins spectaculaires qu’escompté.
  • En 2012, l’avènement des immunothérapies permet d’agir sur le système immunitaire pour lui rendre sa capacité à rejeter les cellules tumorales. En effet, lorsque le système immunitaire est suffisamment fort, leur élimination se fait naturellement.
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La réponse immunitaire à la tumeur : cycle naturel

  1. La cellule tumorale émet des sécrétions que le système immunitaire reconnait : ce sont les antigènes.
  2. Les antigènes sont captés par des cellules dendritiques, dont le rôle est de « grignoter » d’autres cellules et d’aller les présenter au système immunitaire,
  3. Les cellules dendritiques migrent vers les ganglions lymphatiques où elles rencontrent les lymphocytes et les éduquent à reconnaitre un organisme étranger et les enjoignent de s’activer,
  4. Les lymphocytes « éduqués » migrent dans les vaisseaux sanguins et reviennent dans la tumeur avec la capacité de reconnaitre la cellule infectée comme étant à éliminer.

Dans le cas de cancers avérés, le système immunitaire est inefficace pour lutter contre la croissance tumorale. La finalité de l’immunothérapie est de réactiver ce mécanisme pour rebooster les lymphocytes qui tuent les tumeurs.

Les molécules appelées immune checkpoints ou immunomodulateurs, apparues en 2013-2014, représentent la grande révolution des immunothérapies. La recherche a permis d’identifier des points de contrôle du système immunitaire bloqués par la tumeur. Ces « verrous » du système immunitaire sont nombreux : ce sont des récepteurs qui inhibent ou activent les lymphocytes. Si les récepteurs inhibiteurs sont bloqués, les lymphocytes se réactivent (comme une voiture dont les freins sont bloqués va naturellement accélérer). Grâce aux immune checkpoints, on parvient à « dévérouiller le cadenas », à rebooster les lymphocytes qui vont redevenir capables de lutter contre la tumeur et de la détruire.

Pour aller plus loin :

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

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