Traverser les turbulences avec les hôtesses de l’air

Traverser les turbulences avec les hôtesses de l’air

Exposition aux rayons cosmiques, décalage horaire, travail de nuit… Le personnel navigant des compagnies aériennes est exposé à des facteurs de risque de cancer mal connus. Derrière le métier mythique d’hôtesse de l’air, majoritairement féminin, se cachent trop de femmes malades, trop souvent jeunes. Ce sont à elles, et à leurs collègues masculins, que l’association Les hôtesses de l’air contre le cancer a d’abord voulu tendre la main.

Astrid Aulong-Beaumont et Jean-Claude Chau, fondateurs de l’association avec Stéphane Fachena, sont tous deux navigants sur des vols long-courriers d’Air France (AF). Ils passent la moitié de leur temps dans les airs et ils aiment leur métier. Mais dans leur catégorie professionnelle, c’est bien avant l’âge du dépistage organisé que le cancer survient le plus souvent. C’est donc au partage d’expériences via un forum de discussion et à la promotion d’une surveillance précoce via un calendrier, pour lequel des hôtesses de l’air « abîmées » par la maladie acceptent de poser seins nus, qu’ils se sont d’abord consacrés.

Enfin des vols « roses » en Europe
Et puis, à l’instar des compagnies américaines et avec le soutien d’AF, ils ont mis du rose dans les avions : pour la première fois en Europe en octobre 2017, la couleur, aujourd’hui symbole mondial du mois de la sensibilisation au cancer du sein, s’affiche ainsi sur les couvertures, les serviettes en papier, les têtières et les uniformes.

Une première expérience qui fait des émules : cette année, trois entités du groupe Air France (Hop, Joon, Transavia) opèreront des vols « roses », ainsi qu’Air Caraïbes. Quant à Astrid et Jean-Claude, vous les retrouverez le 23 octobre prochain, sur le plus gros porteur d’AF, destination Los Angeles.

Un moyen pour eux de générer de l’engagement, d’obtenir une meilleure reconnaissance de la maladie comme risque du quotidien, d’acquérir enfin une plus grande visibilité. L’hôtesse de l’air, représentation légendaire de la féminité, draine depuis toujours une image positive ; tout comme leur marraine, Alexia Cassar, une artiste hors-norme, spécialiste du tatouage 3D du mamelon et de l’aréole après reconstruction mammaire.

Soudés dans le travail, seuls dans la maladie
Constamment en représentation, les personnels navigants affichent une proximité qui ne durera que le temps du vol : un travail d’équipe où solidarité et empathie sont les maîtres-mots. Pourtant, la traversée de la maladie restera souvent solitaire.
Les hôtesses de l’air contre le cancer, cheville ouvrière d’un réseau solidaire avec des partenaires privés ou associatifs, s’est alliée des compétences pour maintenir le lien avec la vraie vie, apporter du bien-être dans l’épreuve, faciliter le quotidien pendant la maladie, orienter efficacement les démarches. Ainsi tout un éventail de services est proposé en partenariat avec Life is Rose (perte de salaire), la CAMI (activité physique adaptée), l’Institut Curie (aide à l’orientation médicale des malades et des familles)…

Un développement fulgurant
Grâce à l’écho très favorable rencontré auprès des partenaires comme du grand public, diverses idées originales, financées par la seule vente de goodies logotés, ont pris forme cette année. Par exemple, la constitution, extensible à l’infini, d’équipes sportives identifiées par un logo propre à chaque discipline, destinées à représenter l’association dans les compétitions caritatives.

La prochaine mise en place d’une adhésion payante permettra de multiplier les initiatives : des espaces privilégiés sur un site rénové, des pôles régionaux avec une offre différenciée, et la mise à exécution de nombreux projets en gestation : gala de charité, concert à bord, adaptation d’une BD, …

 

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.