UNICANCER en appelle aux candidats à la présidentielle

Alors qu’il constitue l’une des préoccupations majeures des français, le sujet de la santé n’est guère développé dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle. La lutte contre le cancer, première cause de mortalité en France en dépit des plans successifs, doit, pour Unicancer, rester une priorité nationale de santé publique lors du prochain quinquennat. C’est pourquoi la fédération a décidé d’adresser aux candidats un ensemble de propositions d’orientation sociétales et organisationnelles pour répondre aux enjeux des prochaines années.

Elaborées sur la base des résultats d’une concertation conduite auprès d’experts des CLCC (Centres de Lutte Contre le Cancer), de CHU et de de patients, ces propositions analysent les innovations en cancérologie et les principales  évolutions qu’elles engendreront dans les dix années à venir et se déclinent autour de cinq priorités :

  • garantir un accès à des soins de qualité pour tous
  • répondre aux nouvelles attentes des patients
  • soutenir la recherche et l’innovation
  • développer la e-santé
  • accompagner l’évolution des métiers

Un contexte de rupture dans l’organisation des soins en cancérologie

Avec la progression de la chirurgie ambulatoire, la réduction de la durée des séjours hospitaliers, l’arrivée de nouvelles techniques de radiothérapie, de biologie ou d’imagerie, le coût croissant des innovations, notre système de santé fait le grand écart entre le développement à l’hôpital d’approches coûteuses qui ne sont pas valorisées en termes de soins et l’organisation de la prise en charge et du suivi des patients « hors les murs ».

En parallèle, sur le volet sociétal, la tendance au renforcement de la participation du patient à sa propre prise en charge, à la décision et au suivi thérapeutiques, à l’évaluation bénéfice-risque du traitement, l’émergence des Big Data et la progression de la e-santé impactent également de manière significative les établissements de santé et l’organisation des soins.

Anticiper la cancérologie de demain

Le Pr. Patrice Viens, professeur d’oncologie médicale, directeur de l’Institut Paoli-Calmettes (CLCC) à Marseille et Président de la fédération UNICANCER donne l’alerte sur la nécessité de prendre conscience de ce phénomène d’organisation dont on semble se soucier bien peu :

Si l’on ne met pas en place au niveau national une organisation des soins qui permette à des centres de référence de piloter des traitements hors hôpital, sans contact physique avec le médecin, on passera à côté des enjeux de soin des années à venir non seulement en termes d’efficacité et d’efficience mais aussi en termes d’égalité des soins. 

Car amélioration de la prise en charge ne veut pas dire facilitation de l’accès aux soins.

Il faudra répondre à l’exigence d’une meilleure coordination entre les différents acteurs de santé pour limiter les risques de pertes de chance du fait que les patients viendront moins souvent en consultation.

Il faudra donner aux centres les moyens de concevoir des systèmes experts (à l’instar de ce qui a déjà été éprouvé par IBM et a vocation à se développer) pour mutualiser les données, proposer des prises en charge et agir en prévention.

Il faudra encore accompagner l’émergence de nouveaux métiers, en particulier de l’e-santé et du Big Data.

Des financements structurels des centres experts

Parmi ses propositions, Unicancer demande pour relever ces défis :

  • que soit contractualisé un financement structurel des centres experts et de recours afin qu’ils puissent développer une recherche clinique académique,
  • que soit garantie de la pérennité des SIRIC (SItes de Recherche Intégrés sur le Cancer), des projets labellisés par l’INCa (Institut National du Cancer) visant à renforcer les moyens de la recherche pluridisciplinaire pour permettre à la recherche en cancérologie d’accélérer et d’optimiser la connaissance et son application dans la prise en charge des cancers.

A propos Sylvie Favier

Avec une formation initiale de linguiste et de traductrice, Sylvie Favier manifeste dès le début de sa carrière son intérêt pour le domaine scientifique. Après plus de 15 ans d’expérience de la communication en entreprise, dans de grands groupes du secteur entre autres (IMS Health, Groupe Profession Santé), elle opère en 2012 un tournant vers une activité indépendante de journaliste-rédactrice-traductrice. Elle est à l’origine de multiples réalisations éditoriales et enquêtes réalisées sur des thématiques médicales et de politique institutionnelle. Son intérêt pour la cancérologie est né au fil de rencontres et d’expériences dans son environnement personnel.

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