Quelles voies attirent le plus les internes aujourd’hui et pourquoi ces choix s’imposent-ils dans la durée ? Entre qualité de vie, technologies de pointe et impact sur les patients, certaines disciplines se détachent. Ce guide passe en revue les 7 spécialités les plus convoitées, leurs atouts, leurs exigences et les parcours pour y accéder. Vous y trouverez des témoignages, des chiffres clés depuis 2020 et des conseils concrets pour clarifier votre projet.
💡 À retenir
- Selon l’Ordre des médecins, 20% des médecins choisissent leur spécialité en fonction de la demande sur le marché
- Statistiques sur l’évolution des spécialités médicales depuis 2020
- Les spécialités les plus sélectionnées par les étudiants en médecine en 2023
Panorama des spécialités médicales
Choisir parmi les spécialités médicales engage une trajectoire professionnelle et personnelle. Le choix se joue souvent sur un trio décisif composé de l’intérêt scientifique, de la pratique au quotidien et du mode de vie espéré. Selon l’Ordre des médecins, 20% des praticiens décident en fonction de la demande du marché, ce qui pèse sur l’installation, l’employabilité et la stabilité du planning.
Depuis 2020, les tendances évoluent. Les disciplines technologiques gagnent du terrain, les activités ambulatoires progressent et les organisations d’équipe s’affinent. La demande de soins primaires augmente, tout comme l’attrait pour des activités combinant clinique et techniques interventionnelles. Les spécialités médicales les plus exposées au progrès technologique capitalisent sur l’imagerie, les logiciels d’aide à la décision et la coordination ville-hôpital.
Qu’est-ce qu’une spécialité médicale ?
Une spécialité médicale est un domaine de compétence clinique et scientifique avec un cursus spécifique, des référentiels de formation et un exercice distinct. Le cursus est structuré autour du DES et, selon les objectifs, peut inclure une formation transversale supplémentaire, des diplômes universitaires et des compétences à valider sur des terrains très encadrés. Chaque spécialité dispose de ses techniques, de ses gardes, de ses pathologies et de ses styles de consultation.
Au bloc, en cabinet, à l’hôpital de proximité ou en centre de référence, l’expérience quotidienne varie fortement. Le rapport au temps médical, à la technologie, aux gestes invasifs et au suivi longitudinal façonne l’identité professionnelle. C’est la raison pour laquelle les stages d’externat et d’internat, ainsi que les immersions, sont déterminants.
Critères de classement
- Attractivité aux choix des étudiants et internes, notamment sur la dernière année de classement
- Perspectives d’emploi à court et moyen terme et densité démographique
- Équilibre qualité de vie, gardes, astreintes et variété des actes
- Évolution technologique et possibilités de surspécialisation
- Possibilités de recherche, d’enseignement et d’activité mixte
Classement des 7 spécialités médicales

En 2023, les préférences des étudiants confirment une attirance pour des disciplines combinant forte technicité, rythme maîtrisable et débouchés immédiats. Les plus fréquemment sélectionnées ont été la dermatologie, l’imagerie médicale, l’anesthésie-réanimation, l’ophtalmologie, la cardiologie, la chirurgie orthopédique et la médecine générale. Ces choix reflètent autant des vocations que des arbitrages pratiques liés à l’organisation de vie.
Depuis 2020, on observe une progression douce des filières d’imagerie et d’ophtalmologie, une stabilité élevée de l’anesthésie-réanimation, ainsi qu’un regain d’intérêt pour la médecine générale avec davantage de postes ouverts et de projets de maisons de santé. La diversification des plateaux techniques et l’essor de l’ambulatoire favorisent ces trajectoires.
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1. Dermatologie : discipline de consultation, suivi longitudinal, dermatologie médico-chirurgicale et dermato-oncologie. L’activité ambulatoire et la variété des cas lourds et bénins en font une voie prisée. Témoignage : « Je voulais un suivi au long cours et des gestes précis en cabinet », confie le Dr Léa M., dermatologue.
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2. Radiologie et imagerie médicale : pivot du diagnostic et de l’orientation thérapeutique, avec scanner, IRM, échographie et imagerie interventionnelle. Forte dimension technologique et collaboration transversale. Témoignage : « La courbe d’apprentissage est exigeante, mais l’impact sur la prise en charge est immédiat », explique le Dr Karim O., radiologue.
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3. Anesthésie-réanimation : responsabilité au bloc et en réanimation, travail d’équipe et gestion de l’urgence. La discipline attire pour sa technicité et ses protocoles robustes. Témoignage : « On voit tout, on anticipe beaucoup et l’esprit d’équipe est total », partage le Dr Inès M., anesthésiste-réanimatrice.
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4. Ophtalmologie : actes rapides, forte part d’ambulatoire, champs variés de la réfraction à la chirurgie du cristallin et de la rétine. Demande soutenue sur tout le territoire. Témoignage : « J’aime l’examen clinique minutieux et la précision des gestes », raconte le Dr Hugo V., ophtalmologiste.
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5. Cardiologie : pathologies fréquentes, prévention, imagerie cardiaque, rythmologie et interventions coronaires. Les possibilités de surspécialisation multiplient les trajectoires. Témoignage : « La diversité entre consultation, plateau technique et soins intensifs me motive chaque jour », souligne le Dr Salomé D., cardiologue.
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6. Chirurgie orthopédique et traumatologique : prise en charge de l’appareil locomoteur, réhabilitation rapide, innovations en arthroscopie et robotique. Discipline exigeante physiquement. Témoignage : « La restauration de la fonction est très gratifiante », indique le Dr Paul R., chirurgien orthopédiste.
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7. Médecine générale : offre de soins primaires, coordination, suivi global, prévention. Liberté d’installation, exercice en maison de santé, possibilité d’orientation vers la pédiatrie de premier recours, la gériatrie ou les soins non programmés. Témoignage : « J’apprécie la relation de confiance et le rôle central dans le parcours de soins », précise le Dr Aïcha B., médecin généraliste.
Conseil pratique pour départager deux choix proches : observez une journée complète avec un senior, analysez les flux de patients, la durée des consultations et les temps non cliniques. Notez ce qui vous épuise ou vous stimule réellement. Demandez des retours d’internes de niveaux différents pour capter l’évolution de l’autonomie.
Étude de cas
Camille hésite entre imagerie et cardiologie interventionnelle. Elle dresse une grille simple : intérêt scientifique, exposition aux urgences, travail de nuit, place de la technologie, suivi longitudinal, possibilités d’enseignement. En discutant avec le référent de DES et en passant une garde d’observation dans chaque service, elle se découvre plus à l’aise avec la synthèse diagnostique et la transversalité. Elle opte pour l’imagerie, avec un projet d’imagerie interventionnelle ciblé sur le vasculaire.
Impact des choix de spécialités sur les carrières
Le choix d’une spécialité conditionne le rythme de vie, la mobilité géographique, le type d’équipe et le modèle économique. Les activités à fort plateau technique demandent un environnement structuré et offrent souvent des perspectives en centres spécialisés. Les spécialités médicales de premier recours laissent plus de latitude d’installation, avec un impact fort sur l’accès aux soins et des coopérations pluri-professionnelles très actives.
Depuis 2020, la demande a progressé pour les soins ambulatoires et la coordination ville-hôpital. L’imagerie a connu une hausse d’activité liée à l’optimisation des flux et à l’intégration d’outils d’aide à la décision, l’ophtalmologie a accéléré ses circuits d’ambulatoire, l’anesthésie-réanimation a consolidé ses équipes. La médecine générale reste stratégique pour la population, avec un volume de postes ouverts en hausse, entraînant des installations plus rapides et des projets collectifs locaux.