Un doigt gonflé qui plie mal peut survenir après un choc, une infection ou une inflammation qui s’installe progressivement. La gêne peut être légère ou franchement invalidante, selon la cause. Comprendre ce qui se passe permet de soulager rapidement la douleur et d’éviter les complications. Voici comment identifier les causes les plus probables et les solutions efficaces pour retrouver la mobilité.
💡 À retenir
- Environ 30% des cas de doigts gonflés sont liés à des traumatismes.
- L’arthrite peut affecter jusqu’à 1 personne sur 10 dans certaines tranches d’âge.
- Consultation précoce peut prévenir des complications à long terme.
Qu’est-ce qu’un doigt gonflé ?
On parle de doigt gonflé lorsque le volume d’un ou plusieurs segments du doigt augmente, avec sensation de tension, douleur et limitation du mouvement. Ce gonflement provient le plus souvent d’un œdème inflammatoire ou d’un liquide accumulé dans les tissus et les articulations. Quand le doigt peine à se plier, la cause est souvent une inflammation articulaire ou tendineuse, voire la douleur elle-même qui bloque le geste.
Un gonflement n’est pas anodin, car il perturbe la glisse des tendons et la stabilité des ligaments. Lorsqu’il touche les gaines des tendons fléchisseurs, la friction augmente et chaque flexion devient pénible. En cas de blessure, la réaction de défense du corps suffit parfois à expliquer le volume, mais une infection ou une maladie articulaire peuvent aussi être en cause.
Définition et anatomie du doigt
Chaque doigt se compose de trois phalanges reliées par des articulations interphalangiennes, enveloppées par des ligaments, des tendons fléchisseurs et extenseurs et leurs gaines. La gaine synoviale facilite la glisse du tendon grâce à un film lubrifiant. Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage et nourries par un liquide synovial, ce qui permet des mouvements précis et puissants.
Un gonflement perturbe cet équilibre. Il comprime les structures voisines, irrite les récepteurs de la douleur et réduit l’angle de flexion. L’articulation interphalangienne proximale, souvent sollicitée, est la plus fréquemment touchée. Quand l’œdème s’installe, la mobilité diminue, et les gestes quotidiens comme boutonner une chemise ou saisir un objet deviennent difficiles.
Causes courantes d’un doigt gonflé
Les causes se regroupent en trois grandes familles: traumatiques, inflammatoires et infectieuses. Un choc direct, une entorse ou une fracture sont des déclencheurs fréquents, tout comme les tendinites et certaines affections articulaires. Chez d’autres, une infection locale de la peau ou de l’ongle entraîne chaleur, rougeur et douleur.
Selon les observations cliniques, environ 30 % des cas de doigt gonflé sont liés à un traumatisme. Les maladies articulaires ne sont pas rares non plus, en particulier avec l’âge, l’usage répétitif des mains ou certains terrains médicaux. L’environnement professionnel, les loisirs manuels et la pratique sportive orientent souvent vers l’une ou l’autre cause.
Traumatismes et blessures
Un coup sur une porte, un ballon mal réceptionné, un doigt coincé dans un tiroir: ces scènes du quotidien peuvent provoquer contusion, entorse ou fracture occultée. Le gonflement apparaît rapidement, parfois accompagné d’un hématome et d’une douleur vive à la pression. Ne pas retirer une bague tôt peut aggraver la compression.
- Contusion avec hématome et douleur locale
- Entorse ligamentaire ou luxation articulaire
- Fracture du bout de la phalange après une torsion ou un choc
- Microtraumatismes répétés chez les musiciens, mécaniciens ou bricoleurs
- Plaies et échardes pouvant s’infecter en panaris
Exemple concret: Paul, 35 ans, s’est coincé l’annulaire en bricolant. Le gonflement a été immédiat et il ne parvenait plus à plier le doigt sans douleur. Une immobilisation courte et de la glace ont permis un retour à la normale en une semaine.
Affections médicales sous-jacentes
Plusieurs maladies peuvent donner un doigt gonflé. L’arthrite inflammatoire ou l’arthrose digitale entraînent douleurs, raideurs et gonflement, souvent plus marqués le matin. La goutte provoque des crises brutales et très douloureuses. Des infections comme le panaris ou la paronychie s’accompagnent de chaleur, rougeur et parfois de pus.
On estime que l’arthrite touche jusqu’à 1 personne sur 10 selon les tranches d’âge. D’autres causes existent: ténosynovite des fléchisseurs, doigt à ressaut, rétention d’eau, troubles lymphatiques, réactions allergiques ou effets secondaires de médicaments. Chez les personnes diabétiques ou immunodéprimées, une petite lésion peut évoluer plus vite vers une infection.
Symptômes associés

Au-delà de l’augmentation du volume, d’autres signes orientent vers la cause. La douleur et la raideur sont fréquentes, mais la chaleur locale, la rougeur ou la sensation de chaleur peuvent signer une inflammation ou une infection. Un déficit de force de pince ou de préhension est courant lorsque les tendons fléchisseurs sont irrités.
Certains symptômes exigent vigilance, surtout s’ils s’aggravent ou s’étendent. Par exemple, un gonflement qui s’étend à la main, des stries rouges sur la peau, de la fièvre ou des frissons nécessitent une évaluation médicale. Des sensations de fourmillements peuvent traduire une compression nerveuse liée à l’œdème.
- Douleur à la pression et à la flexion, parfois pulsatile
- Raideur matinale qui s’améliore en bougeant au cours de la journée
- Chaleur locale et rougeur cutanée en cas d’inflammation
- Fourmillements ou engourdissements si l’œdème comprime un nerf
- Fièvre et écoulement purulent en cas d’infection
Exemple concret: Sophie, 42 ans, ressentait une gêne progressive au majeur, avec craquement à la flexion. Le diagnostic de doigt à ressaut a été confirmé et une infiltration a rapidement réduit la douleur et le gonflement.
Traitements et solutions
Le traitement dépend de la cause, mais des mesures simples soulagent souvent rapidement. Appliquer la méthode GREC (Glace, Repos, Élévation, Compression souple) dans les premières heures aide à réduire la douleur et l’œdème. Retirer toute bague dès que possible pour éviter l’effet garrot. Une hygiène locale rigoureuse est cruciale si la peau est lésée.
En cas de douleurs légères à modérées, paracétamol ou AINS peuvent aider, sous réserve de contre-indications. Une attelle courte stabilise une entorse ou un doigt très douloureux, tandis que des mouvements doux, non douloureux, entretiennent la mobilité. Si les symptômes ne régressent pas en 48 à 72 heures, une consultation s’impose pour affiner le diagnostic et éviter les complications.
Remèdes maison
Ces conseils visent à réduire le gonflement et à favoriser la récupération quand il s’agit d’un cas léger sans signe d’alarme.
- Glace enveloppée dans un linge, 10 à 15 minutes, 3 à 5 fois par jour
- Élever la main au-dessus du cœur quand vous êtes assis ou allongé
- Compression souple avec bandage élastique, sans serrer
- Bains tièdes savonneux quotidiens en cas de petite lésion péri-unguéale
- Auto-mobilisation douce: fléchir et étendre dans une amplitude indolore
Astuce utile: réduisez temporairement le sel alimentaire et hydratez-vous correctement si vous avez tendance à faire de la rétention d’eau. Évitez toute manipulation agressive ou le perçage d’une zone suspecte d’infection.
Approches médicales
Le médecin confirme la cause et propose un traitement ciblé. Cela peut inclure des antalgiques, des AINS, une attelle, de la kinésithérapie, voire une infiltration locale selon la pathologie. Un panaris peut nécessiter un drainage et des antibiotiques. En cas d’arthrite inflammatoire ou de goutte, un traitement de fond ou des médicaments spécifiques (comme la colchicine) peuvent être indiqués.
Des examens complémentaires aident à trancher: radiographie si l’on suspecte fracture ou arthrose, échographie pour les tendons et les gaines, bilan sanguin en cas de suspicion d’inflammation systémique. La rééducation apprend des exercices précis pour récupérer la flexion, renforcer la pince et prévenir les récidives.
Quand consulter un médecin
Certains signes imposent une évaluation rapide: douleur intense, déformation, incapacité totale à plier ou à étendre, fièvre, rougeur qui s’étend ou écoulement de pus. Après une blessure, si le doigt reste très gonflé malgré les soins de base, il faut vérifier qu’il n’y a pas d’entorse sévère ou de fracture.
- Gonflement soudain important ou doigt froid, bleuté, insensible
- Fièvre, frissons, stries rouges ou douleur pulsatile
- Déformation visible ou sensation de blocage mécanique
- Aucune amélioration après 48 à 72 heures de soins de base
- Terrain à risque: diabète, immunodépression, traitement immunosuppresseur
Une prise en charge précoce évite les raideurs, les séquelles tendineuses et les complications infectieuses. Si vous avez un doigt gonflé et du mal à le plier après un choc, ou sans cause évidente, prenez rapidement un avis médical, surtout si la douleur augmente ou si la main entière commence à enfler.